Le lac la nuit rêve des caresses du ventre des barques qui au petit matin deviennent réalités
Le ciel se dépouille de tout le bavardage inutile pour chuchoter la plénitude du vide
La vieille muraille agrippe une branche sombre et la trempe dans l’encre de l’écume pour raconter le mystère des profondeurs
Aveuglé par le feu des vagues il peint en étincelles le souffle venu de derrière les montagnes
Le rayon matinal rebondit sur le ressort des vagues pour remonter en moite vapeur dans le miroir miracle de l’eau
Regarder,distiller happer la quintessence sublime apprendre pour redire redire le spectacle de l’âme sublimer les tons de l’aquarelle au-delà des réalités
Chantre par procuration il écrit l’instant du journal intime des aurores lacustres
Effarouché par tant de blancheur il ne peut résister à la tentation d’écarter le rideau du théâtre des couleurs
Le lac et le ciel ferraillent dans une querelle amoureuse et la pointe de leur fleuret dessine une arabesque sur la brume irisée
Le pêcheur qui bat la mesure du chant-silence des poissons grave son ombre chinoise sur la plaque cuivrée pressée sous le rouleau du ciel
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Humer,embrasser,épier ,savourer, se taire se taire pour dire plus intensément prendre aux filets les prophéties des eaux savoir oublier l’art des écritures initiatiques pour devenir porte-parole privilégié des mystères du lac
Se lever, marcher, heurter de l’épaule
le frimas de l’aurore
ouvrir le rideau des théâtres exceptionnels recommencer pour apprendre
apprendre le mystère des cryptes matinales dire au papier l’au-delà de la rudesse crépusculaire